English Translation
"There is a large number of woods in America, and one is surprised to find among these immense woods some houses a few miles away from one another, some establishments that for many years were only bad barracks, which were turned into villages or cities. Here is the manner in which the Americans run their establishments: A man who has some money before him buys a certain amount of land, which he gets for 100 cents per acre at most. He takes to his new property a cow, some prairie pigs, a horse or two, as well as some provisions including rice, wheat, and salted meat to live on during some time. He starts by chopping the small trees and the biggest branches of the big trees to make barriers or ‘fences’ with which he encircles the ground that he wants to domesticate. He strips the old trees, cuts them with the stroke of an axe. The next year, the trees are dead. He sets fire to the woods, and where the trees are not totally destroyed the sun passes through easily due to the lack of branches, so the ground has a new warmth. The plants grow with abundance that first year, and they are enough to nourish the beasts that are also growing. The farmer then starts to trade a little, which both serves to grow his plantation and to buy grain. The year after that he harvests, collects, and little by little fills out during the first few years of his establishment. He lives in a hut that he builds himself with wood logs and dirt used to make the mortar. Once he feels more comfortable, he levels the ground and builds himself a more practical house, often a very beautiful one. Sometimes several people get together at these establishments, and help one another. That’s how it went, and how it still goes every day in America for the villages and towns to spring as such from the earth."
Original French Text
Renseignemens [sic] sur les Établissements en Amérique
Il y a une quantité de bois prodigieuse en Amérique, et on est étonné de trouver au milieu de ces bois immenses à quelques milles les uns des autres, des maisons où établissements qui pendant quelques années ne sont absolument que de mauvaises barraques, et finissent par former des villages où [sic] des villes. Voici la manière dont les Américains procèdent à leurs Etablissements. Un homme qui a quelqu’argent devant lui achète une certaine quantité de terre, qui lui revient au plus à cent sols ( ?) l’âcre. Il conduit dans son nouveau domaine une vache, et quelques coches plaines, un cheval où [sic] deux, et emporte avec lui des provisions, telles que du ris, du bles, de la viande salée pour pouvoir subsister pendant quelque temps. Il commence par abattre les petits arbres et les plus grosses branches des grands, en fait des barrières ou fences, avec lesquelles il entoure le terrain qu’il veut mettre en valeur. Il dépouille les vieux arbres, où les cerne à coups de hâche. L’année d’après ces arbres sont morts ; pour bois il y met le feu, où s’il ne les détruit pas totalement, comme ils sont privés de leurs branches, le soleil perce facilement, la terre éprouve une chaleur toute nouvelle, l’herbe pousse avec abondance cette première année, et suffis pour la nourriture des bestiaux qui se sont augmentés. Le cultivateur en fait un petit trafic, qui le met à même d’augmenter son habitation et d’acheter du graine. L’année d’après il sème, récolte, et petit à petit s’arrondir pendant les premières années de son établissement, il habite une hutte qu’il construit lui-même avec des rondins de bois, et de la terre dont il fait du mortier. Devenu plus à son aise, il fait des planéités et se bâtis une maison plus commode, souvent même très jolie. Quelques fois plusieurs personnes se réunissent pour ces établissements, et s’entraident mutuellement. C’est ainsi qu’on a vu, et qu’on voit encore tous les jours en Amérique des villages et des villes sortir pour ainsi dire de terre.